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Laâbi chez #Anfass : De la nécessité de l’émergence d’une nouvelle force citoyenne !!!

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« Ce dont nous souffrons, …, c’est de l’absence d’une vision, d’un projet politique et de civilisation porteur de changements qualitatifs pour lesquels nous pourrions nous mobiliser avec détermination, comme nous nous étions mobilisés pendant la nuit coloniale… ». Abdellaif Laabi, « Un autre Maroc », éditions de la différence, Avril 2013.

 

« Il faut combattre ce pourrissement des valeurs dans la société. Cette accommodation avec les contre-valeurs nuit gravement au développement du Maroc ». C’est ainsi que Abdellatif Laabi, poète marocain de renom a entamé son intervention à la rencontre organisée par le « Mouvement Anfass Démocratiques » le 28 Septembre 2013, autour de ses ouvrages : « Un autre Maroc » et « Pacte national pour la culture ».

Le prix Goncourt déplore un inversement de valeurs au sein de la société, et donne pour exemple le concept du travail, qui est aujourd’hui « dévalorisé ». Pour lui, «en parallèle avec les efforts de démocratisation, il faut un peuple démocrate. Ce dernier a des droits, notamment ceux liés à l’enseignement et à l’éducation. Sans cela, il y a un risque de glissement, où l’Etat justifie le report de la démocratie ! ». Interpellé par l’assistance sur la question du rôle de l’intellectuel, il avance que « l’intellectuel doit comprendre son environnement pour pouvoir agir ensuite. Beaucoup d’intellectuels sont prêts à agir, mais ils ont été écartés ou peu écoutés. Je déplore que le 20 Février n’a pas beaucoup interagi avec les intellectuels, les hommes et femmes de lettre, … ».

Etant « peptimiste », comme il aime se définir, en reprenant à son compte la citation d’Antonio Gramsci « opposer au pessimisme de la raison l’optimisme de la volonté», Abdellatif Laabi fait un constat sans appel : « La classe politique actuelle, dans sa quasi-majorité, ne pense plus à analyser, à concevoir le projet sociétal et le projet civilisationel du Maroc ! Elle est, en fait, incapable de produire un projet qui puisse redonner l’espoir à nos concitoyens, et qui peut les inscrire dans cette merveilleuse aventure de l’humanité ! ». Sur ce registre, il voit la nécessité de l’émergence d’une « nouvelle force politique » qui serait issus des différentes « nouvelles forces citoyennes », composées de ces « mouvements nouveaux ( Capdema, CAC, Anfass, …), des mouvements de femmes, de la jeunesse, des intellectuels et de certaines associations de la société civile ». « Certains partis politiques actuels, qui échappent à la machination ambiante, peuvent aussi se joindre à cette nouvelle force » renchérit le célèbre poète, avant d’ajouter : « Ce mouvement citoyen salvateur, devrait écarter toute appartenance dogmatique à une idéologie, bâtir une organisation, dire non à l’auto-censure et surtout construire la confiance ».

Interpellé sur la question culturelle, Abdellatif Laabi fait un constat sans concession : « le drame de l’enseignement au Maroc, l’entreprise de destruction sous Hassan II et la faillite actuel du système éducatif ! ». Cette défaillance majeure est pour notre poète un frein majeur à la construction démocratique, c’est pour ceci qu’il faut un combat citoyen de longue haleine. Passé ce préalable de taille, le poète marocain a formulé sa vision culturelle dans son texte « Pacte national pour la culture ». Il estime que les marocains « n’ont pas de curiosité à la culture, et de ce fait, l’intellectuel, le créateur, l’artiste, … se sentent orphelins ». Il appelle les jeunes créateurs et artistes à se prendre en main et de se donner un horizon lointain, en s’inscrivant dans la « grande marche de l’humanité ». « Quand nous avons créé la revue souffles autours de poètes, de peintres, … nous étions vers la vingtaine, mais nous pensions écrire pour l’ensemble de l’humanité. Des décennies après, nos œuvres sont toujours là ! ». Si pour Laabi, le « mouvement des femmes » a été porteur des « percées démocratiques » durant la dernière décennie, les jeunes sont, aujourd’hui, en train de provoquer une « révolution profonde » dans les rapports sociaux. « A nous tous d’accompagner cette effervescence », Conclut Laabi.

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